vendredi 1 juillet 2011

Communiqué LDH- RESF, expulsion de M. Lassad Saafi

Communiqué commun
de LDH-Toulon, LDH-Draguignan et RESF 83


L’expulsion de M. Lassad Saafi

est stupide, injuste et inhumaine

Lassad Saafi a finalement été expulsé du territoire français ce mercredi 29 juin.

Père de trois enfants nés en France (5 ans, 2 ans et six mois), marié depuis 2004, vivant en France depuis 2009, Lassad Saafi est une nouvelle victime de la machine à expulser française.

Les sections de Toulon et Draguignan de la Ligue des droits de l’Homme, ainsi que le Réseau éducation sans frontière 83 s’indignent de cette expulsion stupide, injuste et inhumaine. Lassad Saafi est éloigné dans un pays où il n’a pas d’attaches, l’Italie, laissant une famille orpheline en France.

Jusqu’au bout, ses proches et défenseurs ont pu penser que le préfet du Var annulerait la mesure d’expulsion et délivrerait une carte de séjour pour assurer une vie familiale normale à ce Tunisien. Il n’en a rien été.

Jusqu’au bout, le représentant de l’Etat assume donc la politique xénophobe qui conduit la France à chasser l’étranger sans papiers au mépris de l’humanité la plus élémentaire.

Toulon, le 29 juin 2011

LDH Toulon

LDH Draguignan 

RESF 83


Lassad Saafi a été expulsé du territoire français mercredi 29 juin. Sa femme a pu avoir un échange téléphonique avec lui au cours de l’après-midi : « Lasaad a été laissé là, à la frontière. Il n’a pas été remis aux autorités italiennes. Depuis, il cherche un centre administratif pour régulariser sa situation. Mais il ne parle pas italien... » [Extrait de La Marseillaise du 30 juin]

Reconduction d'un père de famille à la frontière


Y.LEBARATOUX, F.MALORY,C-H.BOUDET



La réponse à sa demande de titre de séjour a été refusée; il avait obligation de quitter le territoire national

Un père de famille de 32 ans, d'origine tunisienne, domicilié a Draguignan, a été raccompagné à la frontière italienne. La réponse à sa demande de titre de séjour a été refusée; il avait obligation de quitter le territoire. Sa famille et la Ligue des Droits de l'Homme se mobilisent, un comité de soutien a été créé.




Sans papiers, un Tunisien de 32 ans est reconduit à la frontière italienne sous les yeux de sa famille et de quelques sympathisants.

Entré par l'Italie, il a rejoint sa femme à Draguignan en Novembre 2009, mais sa demande de titre de séjour s'est rapidement transformée en obligation de quitter le territoire national.

Père de 3 enfants, tous nés sur le sol français, il espère la délivrance d'un titre de séjour au motif de sa "vie privée et familiale».

La préfecture suit le dossier, mais n'a pas voulu commenter une décision de justice. Lasaad Saafi, espère encore pouvoir rapidement revenir en France; Il attend ses papiers à la frontière italienne, libre, mais seul.




Sa famille et la Ligue des Droits de l'Homme se sont mobilisées et un comité de soutien a été créé à l'école Jean Jaurès où le plus âgé de ses enfants est scolarisé.




la détresse de Wafa Saafi face à l’indifférence de l’administration



Le Préfet du Var n’est pas revenu sur sa décision. Ce matin, mercredi 29 juin, Lassad Saafi s’est présenté vers 9 heures au groupement autoroutier de la Gendarmerie du Luc qui l’a remis à la Police aux frontières en vue de sa reconduite en Italie.

Sa femme et leurs trois enfants étaient venus l’accompagner, ainsi qu’une dizaine de personnes qui n’ont pu cacher leur tristesse mêlée de révolte devant l’inhumanité de la situation.

La famille Saafi adresse un grand merci à tous ceux qui se sont mobilisés, toutes les personnes qui ont signé des pétitions – ces signatures auront leur utilité. Wafa Saafi est décidée à se battre pour que son mari revienne en France : ses enfants sont nés en France, il a le droit d’être auprès d’eux. Le Réseau éducation sans frontières (RESF) et la Ligue des droits de l’Homme (LDH) continueront à les soutenir.

[Mis en ligne le 25 juin 2011, revu et complété le 29





Le désespoir de Saafi Wafa

[Var-matin, 16 juin 2011]

« Personne ne m’écoute, je ne sais plus comment faire pour m’en sortir ! » Saafi Wafa, jeune mère sans emploi, a laissé éclater sa douleur et son désespoir... Accompagnée par ses trois enfants âgés de 5 ans, 2 ans et 6 mois, cette jeune Tunisienne de 25 ans a interpellé publiquement les autorités qui participaient aux remises de médailles. Calmée par le préfet du Var, Paul Mourier, et la sous-préfète de l’arrondissement de Draguignan, Corinne Orzechowski, Saafi a été conduite dans les salons de la sous-préfecture. Le temps de parler, d’être écoutée et de recevoir l’assurance que le préfet s’occuperait de son cas.

« Mon mari a été arrêté aujourd’hui [hier] au péage du Muy. C’est un Tunisien, il est sans-papiers et a été conduit au centre de rétention de Marseille. J’ai demandé à ce qu’il soit libéré. J’ai aussi été victime des inondations. Il y a un an, j’habitais avec ma famille un appartement dans l’avenue des Anciens combattants d’Afrique du Nord à Draguignan. » Le 15 juin, son logement a été sinistré. Depuis, Saafa et les siens occupent un appartement de 30 m² dans la vieille ville. « C’est trop petit pour cinq personnes. Le préfet a dit qu’il me trouvera autre chose. Je compte sur lui. »

J. J.

Rescapé des inondations, attendu au peloton d’expulsion




Le 15 juin dernier, Ouafa Saadi interpellait le préfet du Var Paul Mourier pour le sensibiliser à sa situation. Depuis, pas de nouvelle. D.P.

source : La Marseillaise

par ROMAIN ALCARAZ


Les associations se mobilisent pour Lasaad Saafi qui doit se rendre mercredi au poste autoroutier de la gendarmerie du Luc, direction l’Italie.




En juin 2010, la Dracénie a été touchée de plein fouet par la catastrophe naturelle que l’on sait. Parmi les innombrables victimes se trouvait la famille Saafi, un couple tunisien avec trois enfants. Pile un an plus tard, Lasaad, le père de famille, est arrêté suite à un contrôle routier. Il ne possède pas de carte de séjour valable, et est donc placé en centre de rétention à Marseille. Un peu plus tard, cette même journée, lors de la cérémonie commémorative des inondations, sa femme, Ouafa, bouleversée, bouscule le protocole en interpellant Paul Mourier, préfet du Var. Ce dernier lui promet d’étudier son cas.

Du côté de la préfecture, il est indiqué que la demande de Ouafa Saafi ne concernait alors qu’un problème de logement. Difficile à croire quand on sait que son mari a été interpellé quelques heures plus tôt seulement… En tout cas, du point de vue de l’hébergement, « nous sommes allés au bout de toutes les procédures pour aider cette famille », assure-t-on. Et en ce qui concerne la procédure d’Obligation de quitter le territoire français (OQTF) dont fait l’objet Lasaad ? Pas de commentaire.

L’affaire entre les mains du préfet

Des trois enfants des Saafi, l’aînée est scolarisée à l’école Jean-Jaurès, à Draguignan. C’est de là qu’est partie la mobilisation : le directeur de l’école a lui-même organisé un comité de soutien, avant d’afficher une banderole dans l’école. L’association Réseau éducation sans frontières (RESF), ainsi que la Ligue des droits de l’homme (LDH) se sont également saisi du dossier. Lundi, des représentants de ces deux associations ont été reçus en préfecture par une responsable du service des étrangers. « Cette personne nous a reçus très courtoisement, nous a écoutés, avant de confirmer que c’était le préfet qui déciderait », indique François Nadiras (LDH).

Marc Brulé, toujours de la LDH, section dacénoise, confirme le rôle primordial du préfet dans l’affaire : « Aujourd’hui, si Paul Mourier décide d’attribuer un titre de séjour à Lasaad, c’est fini, il peut rester en France. » Il poursuit : « Si Lasaad avait répondu au courrier de la préfecture pour obtenir son titre de séjour, il l’aurait certainement obtenu. » En effet, même si sa demande avait été rejetée, les arguments pour retourner cette décision ne manquaient pas : Lasaad est père de trois enfants tous nés en France, marié en 2004 et vivant en France depuis 2009. Mais voilà, le courrier indiquant le refus de demande de titre de séjour, envoyé le 26 juin 2010, était adressé au logement sinistré, que la famille avait bien évidemment quitté.

Lasaad signe un PV, mais ne sait pas lire le français

Suite à l’intervention peu orthodoxe de Ouafa Saafi, la situation a certes évolué. Mais pas d’une manière franchement significative. Une chose est toutefois positive : Lasaad a été libéré du centre de rétention, et est aujourd’hui astreint à résidence. « C’est sans doute la seule clémence à laquelle il fallait s’attendre du préfet », note Marc Brulé. L’homme raconte la suite des évènements : « Quand on est assigné à résidence, il faut "pointer" au commissariat. Et au cours d’une de ces visites, Lasaad a signé un procès-verbal dans lequel il manifeste son accord vis-à-vis de sa réadmission en Italie. » Pourquoi avoir signé ce document ? On ne peut que supposer… « Il ne lit pas le français », indique toutefois Marc Brulé. De là à penser qu’il n’était pas complètement au courant du document qu’il paraphait…

La procédure de reconduite à la frontière est prévue mercredi, avec un rendez-vous au peloton autoroutier de la gendarmerie du Luc à 8h45 auquel Lasaad doit se rendre suite à la signature du PV. Alors le temps presse pour le tissu associatif. Françoise Denis, de RESF, a porté en compagnie de François Nadiras une demande de recours gracieux. « Il y a aussi des pétitions qui circulent, notamment à l’école, pour aider cette famille qui a tout perdu dans les inondations. » Une lettre ouverte au préfet est également proposée par la LDH. L’association espérait lundi que Paul Mourier « saura privilégier l’aspect humain des choses ». Réponse demain.


voir aussi :

Signer la pétition en ligne - Lassad SAAFI doit pouvoir vivre en France avec ses enfants !