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samedi 15 octobre 2011

Manifestation Tourrettes communiqué de presse

Nous venons d’être informés que la manifestation prévue par le bloc identitaire de Grasse ce samedi 15 octobre 2011 sur la place de la Mairie de Tourrettes a été annulée.
En conséquence, nous, organisations associatives et politiques décidons d’annuler le rassemblement anti-xénophobe prévu le même jour.
Nous restons vigilants et mobilisés face au risque de tensions communautaires générées par la venue, sur notre Canton, de ce groupuscule d’extrême droite et envisageons d’organiser une réunion publique d’informations sur la nature de ces groupes.
Nous souhaitons également qu'une prochaine rencontre et un débat citoyen aient lieu sur les enjeux de démocratie, de respect des droits (laïcité, pratiques religieuses, enseignement, détournement de la culture provençale à des fins xénophobes, etc) qu'a suscité ce projet d'acquisition par une association musulmane.


Canton de Fayence, le 14 octobre 2011


Signataires :

Ligue des Droits de l’Homme – Comité d’Initiative Citoyenne – NPA Var – Parti Occitan – 
PS section de Fayence - MRAP


Merci à tous ceux qui ont soutenu cette mobilisation

lundi 6 septembre 2010

Affronter les ombres




« De la création d’un ministère de l’Identité nationale à la stigmatisation-expulsion-punition-collective des Roms, en passant par les nationalités conditionnelles de seconde zone, se dessine en France un effondrement éthique d’une ampleur sidérante. Une indécence majeure qu’aucun bénéfice politicien ne saurait justifier. De très vieilles ombres sont de retour et nous fixent sans trembler. »
Patrick Chamoiseau

Samedi 4 septembre, nous avons été des milliers, en France et au dehors, à marcher dans la lumière pour affronter les ombres.

Un mauvais vent de xénophobie souffle sur l'Europe, de l'Italie entachée de honte par l'ignoble volonté de la Ligue du nord et qui procède depuis des années aux brutaux démantèlements des camps de Rroms, à la France qui, reniant les valeurs qui ont fait sa grandeur « Liberté, égalité, fraternité » sombre dans l'abjection en s'acharnant contre les populations les plus démunies, les stigmatisant afin de justifier d' honteuses expulsions.
Le procédé, comme le souligne Antonio Tabucchi dans un bel article paru dans le Monde, est bien connu:
« Désigner un bouc émissaire est un vieux réflexe européen. Nul besoin d'avoir une profonde culture pour savoir que le recours au bouc émissaire et le racisme s'allient depuis toujours aux moments les plus difficiles que traverse l'Europe : on commence par stigmatiser le plus pauvre, puis on arrive aux juifs, aux Arabes, aux homosexuels, aux handicapés, aux démunis, aux intellectuels, aux dissidents politiques ». Antonio Tabucchi

La France d'aujourd'hui ressemble de plus en plus à l'Italie berlusconienne. Des citoyens fragilisés, inquiets, absorbés par des quotidiens difficiles, effrayés par les perspectives d'avenir et qui se referment sur eux-mêmes, sombrent dans l'indifférence ou dans la haine.
Et l'étranger, surtout quand il est pauvre, devient un ennemi à combattre.

C'est aujourd'hui, maintenant, que nous devons réagir en dénonçant vigoureusement et systématiquement les exactions commises par le gouvernement. Il est de la responsabilité de chacune et de chacun de s'opposer aux dérives xénophobes, à la brutalité policière, aux expulsions,à l'hypocrisie des élus locaux qui n'aménagent pas d'aires d'accueil.
Européens, les Rroms, le sont depuis des siècles. Ils ont des droits et il est essentiel que ceux-ci soient respectés. Laisser un État, se livrant à de sombres manœuvres, les bafouer afin d'assurer son propre pouvoir, fermer les yeux, se laisser endormir par de mensongères rengaines sécuritaires, c'est renoncer à notre liberté. Il faut peu de temps pour dévoyer une démocratie et la transformer en dictature.
Le mot effraie et le concept plus encore. On n'y croit pas. Non pas chez nous, c'est impossible!
Et pourtant, quand, lors des rafles, les femmes et les hommes sont brutalement séparés, les enfants arrachés à leurs parents, les habitats ravagés et les objets détruits, les droits des êtres humains sont piétinés et la démocratie menacée.


"Allons-nous laisser sans réagir se développer cette politique qui, en France indigne et révulse jusqu’au sein de la majorité actuelle et ne recueille, à l’étranger, que l’assentiment, en Italie, du parti anti-immigré de la Ligue du Nord? Rappelons-nous comment évoluent ces stratégies. La politique menée à l’égard des étrangers n’est jamais que le laboratoire de celle qui sera pratiquée à l’égard des nationaux. Le mépris, la discrimination, l’abus de pouvoir, l’exclusion sont des maladies contagieuses. Si nous cédons à la lâcheté, si nous nous taisons aujourd’hui, si notre voix n’arrive pas à couvrir cette honte, c’est notre peuple tout entier qui demain devra se taire, se soumettre et se renier." Serge Portelli

Si les pontes du gouvernement ont su extirper de l'histoire les techniques de manipulation des peuples, les réactualiser, les adapter pour assouvir leurs ambitions et favoriser les riches amis du président, nous, qui refusons de vivre soumis, qui ne supportons plus les souffrances injustes et inutiles infligées aux populations les plus démunies, saurons tirer les leçons du passé, nous inspirer des luttes sociales menées par celles et ceux qui nous ont précédés et inventer de nouvelles actions.
Nous ne nous résignerons pas et continuerons à marcher, dans la lumière!

jeudi 2 septembre 2010

Non à la politique du pilori


Que sont devenues la liberté et la fraternité si chers à la patrie des droits de l'homme -l'égalité devant la loi sans distinctions d'origine, de race, de religion-?
L'Europe et le monde sont indignés par les traitements infligés aux Roms bulgares et roumains qui ne peuvent qu'évoquer certaines rafles et discriminations de notre histoire, hommes et femmes regroupés par sexe, enfants arrachés à leurs parents, caravanes détruites, voire Français d'origine et citoyens de second ordre...
Prenons garde à la dérive sécuritaire en train d'entacher de honte les valeurs de notre République.

Toutes et tous à nos côtés dans la rue le 4 septembre pour exprimer notre indignation et affirmer notre détermination.



"NON A LA XÉNOPHOBIE D'ÉTAT"

le 4 septembre 2010

à 10 heures,

Place de la liberté

à Toulon.




mardi 27 avril 2010

Libertés, droits : il y a vraiment urgence

La LDH appelle à participer aux manifestations du 1er mai aux côtés des organisations syndicales.


Il y a trois ans, la LDH n'était pas de ceux qui voyaient dans le triomphe de Nicolas Sarkozy l'annonce d'une nouvelle ère de prospérité pour tous. La rupture ne pouvait être qu'un slogan de campagne propre à mobiliser son propre camp : réussite personnelle, insécurité zéro, travail libéré, éradication de la délinquance, bouclier fiscal, chasse aux clandestins de toutes les normes... Le tableau était tracé. Une posture martiale aux accents de réussite individuelle semblait avoir forgé un héraut.

Trois ans après, la réalité apparaît dans tous ses éclats : c'est une contre-réforme qui se met en place.

En prétendant libérer l'initiative individuelle de tous, Nicolas Sarkozy restera celui qui a permis un transfert de richesses massif vers les plus riches. Aujourd'hui, les plus pauvres sont encore plus pauvres et les plus riches sont encore plus riches. Tout l'arsenal est mis en œuvre : déréglementation du travail, démultiplication des moyens des opérateurs sur les marchés financiers, limitation de la protection sociale, réduction des services publics... Oui, pour les droits, il y a urgence !

En affirmant assurer la sécurité de tous, c'est la mise en cause de toutes les libertés qui s'est développée, l'augmentation fantastique des gardes à vue, l'aggravation systématique des peines, le recours de plus en plus large à l'emprisonnement, la diminution organisée de tous les pouvoirs indépendants de contrôle... Oui, pour les libertés, il y a urgence !

Et pour demain se profilent une révision générale des retraites qui va aggraver les inégalités, une énième réforme des lois sur le séjour des étrangers qui va criminaliser un peu plus les migrants eux-mêmes et les militants qui les soutiennent, et une réforme des procédures pénales qui se gardera bien d'assurer l'indépendance de la justice...

Mais c'est la crise, dit-on... Comme si tout le monde en supportait la même part ! C'est oublier que si elle est systémique, la vulnérabilité est différentielle, et que ce sont les plus fragiles qui en paient le prix le plus lourd, au péril de leur travail, de leur famille, de leur vie parfois.

Oui ! Pour maintenir les libertés : oui ! Pour lutter contre les inégalités, c'est l'urgence !

En ce 1er mai 2010, la LDH, ses militantes et ses militants, ses sections manifesteront aux côtés des organisations syndicales qui ont décidé de cette action commune : CGT, CFDT, FSU, Unsa et Union syndicale Solidaires. A cette occasion, la LDH rappelle qu'elle lance un appel public aux citoyens : le moment est venu de tracer entre nous, entre toutes les forces associatives, syndicales, politiques, un « pacte d'initiative » contre les régressions politiques et sociales. Un pacte qui montrera que ce qui nous unit est plus fort que ce qui nous divise. Un pacte qui définira le socle des droits fondamentaux, indivisibles, inaliénables et universels. Un pacte qui affirmera que le temps est venu de dépasser les batailles éphémères et ponctuelles pour (re)construire une société de solidarité.


Rendez-vous à samedi 1er Mai à 10h30 devant la sous-préfecture de DRAGUIGNAN