mercredi 25 janvier 2017

Solidarité avec les migrants et les citoyens solidaires des Alpes Maritimes

via Blog LDH TOULON


Communiqué de presse du Collectif migrants 83

Solidarité avec les migrants 

et les citoyens solidaires des Alpes Maritimes

Le Collectif migrants 83 renouvelle son total soutien aux migrants pourchassés à la frontière franco-italienne et aux citoyens qui les aident.
Depuis des mois des habitants de la Roya, contraints à la désobéissance civile pour pallier les carences de l’Etat et des pouvoirs publics, sont entrés en résistance et ils en paient le prix.
Pendant deux jours (19 et 20 janvier) la vallée de la Roya a connu un déploiement de forces policières démesuré : perquisitions, arrestations, gardes à vue prolongées.
Nous dénonçons le non-respect des droits fondamentaux des étrangers sur le territoire français, nous condamnons les violences policières à l’encontre de ceux qui répondent à l’urgence humanitaire des migrants en détresse.
Nous refusons que des citoyens qui incarnent la devise de la République : Liberté, Egalité, Fraternité soient poursuivis comme des criminels. L’acharnement judiciaire et policier contre le citoyen Cedric Herrou et son entourage doit cesser.
Nous continuerons à appeler à la mobilisation et nous serons présents à Nice aux côtés des inculpés lors des procès à venir. La solidarité n’est pas un délit !
Toulon, le 24 janvier 2017

Communiqué LDH

     UN INSUPPORTABLE HARCÈLEMENT DANS LA VALLÉE DE LA ROYA          
Cédric Herrou, interpellé pour la troisième fois depuis le mois d’août, est actuellement en garde à vue. Une fois de plus, il lui est reproché de venir en aide à des migrants en grande détresse dans la vallée de la Roya. Le soutien dont il a bénéficié lors de son procès à Nice, le 4 janvier, montre qu’il est devenu la figure emblématique d’un large mouvement de solidarité envers des femmes et des hommes que la guerre ou la pauvreté ont jetés sur les routes de l’exil, au péril même de leur vie. Rappelons aussi que parmi ceux qui sont aidés par les habitants de cette vallée, il se trouve des mineurs dont la prise en charge par l’aide sociale à l’enfance ne devrait poser aucun problème, conformément aux engagements internationaux pris par la France.
Cette fois-ci, l’interpellation de Cédric Herrou a été accompagnée d’une perquisition à son domicile, avec un impressionnant déploiement de forces de gendarmerie, casquées, équipées de gilets pare-balles, comme si la situation relevait du grand banditisme ou de la lutte antiterroriste. Une journaliste présente sur les lieux a été plaquée au sol.
La LDH dénonce avec force le harcèlement dont fait l’objet Cédric Herrou et exige sa libération immédiate. Elle dénonce aussi les conditions inadmissibles dans lesquelles s’est déroulée cette perquisition. Il est grand temps que cessent de telles pratiques qui font honte à tous ceux qui s’attachent à faire vivre le mot « solidarité ».
Paris, le 20 janvier 2017
Nice : Les juges condamnés à appliquer la loi
par Gilles Devers, avocat au barreau de Lyon 

En critiquant le procureur et les juges, nos amis de la vallée de la Roya, regroupés autour du très sympathique Cédric Herrou se trompent de cible. Et entretiennent un discours qui n’est pas bon : « le délit de solidarité a été abrogé, et nous sommes quand même poursuivis… Ce procès est scandaleux… ». Avec une presse qui embraie, globalement à côté de la plaque.
Les faits reprochés à Cédric Herrou sont bien établis : il a effectué de nombreux trajets en transportant des migrants, a hébergé plusieurs personnes chez lui, et en a mis d’autres à l’abri dans un centre de vacances désaffecté de la SNCF, avant que la préfecture n’en obtienne l’expulsion, en octobre, sous pression des élus du coin.
Le procureur de Nice, Jean-Michel Prêtre, a expliqué l’affaire à l’excellent La Croix : « Cédric Herrou va chercher des étrangers à Vintimille, en Italie, et les aide ensuite à franchir la frontière. Ces nombreux allers et retours n’en font évidemment pas un passeur au sens classique du terme, puisqu’il ne réclame aucune contrepartie financière à ceux qu’il aide. Reste qu’il a mis en place un dispositif qui, concrètement, facilite le franchissement de la frontière. Cédric Herrou s’inscrit dans une démarche militante, une démarche politique tout à fait respectable par ailleurs. Simplement, en l’état actuel du droit, faire ainsi fi des frontières, c’est contraire à la loi. »
On arrive à la loi applicable, et jouent deux textes.
D’abord l’article L. 622-1 du Ceseda (Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile).
« Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d’un étranger en France sera punie d’un emprisonnement de cinq ans et d’une amende de 30 000 Euros ».
Donc, on ne parle pas de l’aide à un étranger entré, mais le fait de faciliter l’entrée.
Joue ensuite l’article L. 622-4, modifiée par une loi « socialiste » - donc une entourloupe – la loi du 31 décembre 2012 qui définit une liste d’immunités, et compte surtout le 3° :
« Sans préjudice des articles L. 621-1, L. 621-2, L. 623-1, L. 623-2 et L. 623-3, ne peut donner lieu à des poursuites pénales sur le fondement des articles L. 622-1 à L. 622-3 l’aide au séjour irrégulier d’un étranger lorsqu’elle est le fait :
« 1° Des ascendants ou descendants de l’étranger, de leur conjoint, des frères et sœurs de l’étranger ou de leur conjoint, sauf si les époux sont séparés de corps, ont un domicile distinct ou ont été autorisés à résider séparément ;
« 2° Du conjoint de l’étranger, sauf si les époux sont séparés de corps, ont été autorisés à résider séparément ou si la communauté de vie a cessé, ou de la personne qui vit notoirement en situation maritale avec lui ;
« 3° De toute personne physique ou morale, lorsque l’acte reproché était, face à un danger actuel ou imminent, nécessaire à la sauvegarde de la personne de l’étranger, sauf s’il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ou s’il a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte ».
Le procureur explique : « On tombe ainsi sous le coup de la loi si on les emmène en voiture à une gare pour les aider à continuer leur périple. En revanche, on peut tout à fait prendre à bord de son véhicule des étrangers errant dangereusement sur une route. C’est même un devoir ». J’ajoute un devoir renforcé s’il s’agit de mineurs, qui ont un droit à être protégé par l’État.
Donc, il est bien clair que faciliter ou tenter de faciliter l’entrée, la circulation ou le séjour irréguliers d’un étranger en France est un délit, puni d’une peine pouvant aller jusqu’à cinq ans de prison et 30 000 euros d’amende. C’est la loi, et les juges appliquent la loi.
Donc, la seule vraie question est la loi, c’est-à-dire le maintien d’une loi qui sanctionne « une démarche militante tout à fait respectable », pour reprendre les mots du procureur. Pour commencer, les militants de la Roya seraient bien inspirés de poser la question de modifier la loi aux trois héros de la gauche moderne, Hamon, Peillon et Montebourg [...] qui ont voté cette loi du 31 décembre 2012.
Appel de Toulon pour le prochain cercle de silence
Rendez-vous vendredi 27 janvier de 18h à 19h, Place de la Liberté à Toulon, pour venir manifester notre soutien aux migrants et réfugiés.
Chacun peut rejoindre le cercle 1/4 d’heure, 1/2 heure...
Alors que certains instrumentalisent la peur de l’étranger et agitent les fantasmes d’invasion à des fins politiques, des citoyens du Var et de partout ailleurs se mobilisent au quotidien pour défendre ces valeurs d’ accueil et de solidarité.
Et pour rappeler que nous ne nous reconnaissons pas dans l’image d’un pays replié sur lui-même et insensible à la souffrance des autres, restons unis et présents pour que notre pays redevienne une terre d’accueil et exprimons notre désir d’un monde commun plus juste et solidaire.
Christophe

vendredi 11 novembre 2016

Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, 25 novembre 2016, Draguignan

La CADAC - Droits des femmes et la LDH / Communiqué commun

Dans le cadre de la journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes, la Coordination des Associations pour la Défense de l'Avortement et de la Contraception (CADAC - Droit des femmes) et la Ligue des Droits de l'Homme (LDH) vous proposent :

- Une conférence "Violences faites aux femmes : trois pas en avant, deux pas en arrière". 
Vous pourrez participez à des tables rondes ainsi qu'à des rencontres avec des associations et avec des professionnels du droit.

RDV à 14h, dans l'amphithéâtre de la faculté de droit !
250 Rue Jean AICARD - DRAGUIGNAN

- La projection du film "Les insoumises", réalisé par Eric Guéret en 2016, suivi d'un débat animé par les membres de la CADAC.

RDV à 18h, à la maison des Sports et de la Jeunesse
Boulevard Marx Dormoy - DRAGUIGNAN

Nous espérons vous retrouver ce jour là pour partager et échanger ensemble !

A bientôt.





"La LDH dénonce la persistance des violences, des inégalités et des discriminations qui touchent les femmes dans tous les domaines. Elle milite pour que la législation française, largement égalitaire, soit effectivement appliquée : remboursement complet de la contraception, développement des services hospitaliers pratiquant l’IVG, orientation des filles dans toutes les filières, formations pour l’accès à tous les métiers et niveaux de responsabilité, égalité des salaires, mixité réelle des candidatures aux élections. "
"UNE BATAILLE A GAGNER
UN NOUVEL OUTIL POUR LES ONGS POUR LUTTER CONTRE LES VIOLENCES FAITES AUX FEMMES
Les violences sont toujours monnaie courante pour de trop nombreuses femmes de par le monde et dans la région euro-méditerranéenne en particulier. Cependant, des outils existent pour protéger les femmes et lutter pour leurs droits. Pour le second anniversaire de l’entrée en vigueur de la Convention d’Istanbul, EuroMed Droits a récolté des témoignages de ses organisations membres engagées dans la lutte contre toutes les formes de violences faites aux femmes.
La « Convention sur la prévention et la lutte contre les violences faites aux femmes et la violence domestique » est un traité du Conseil de l’Europe, signé le 11 mai 2011. Cette convention est une étape importante dans l’élimination des violences faites aux femmes car elle est légalement obligatoire pour les signataires et est ouverte à signature aux Etats non-membres de l’UE, comme les pays du Sud méditerranéen. A ce jour, la Convention compte 42 pays signataires, dont 22 l’ont ratifiée.
La Convention reconnait enfin le rôle primordial des ONGs dans l’aide aux victimes de violence et cherche à accroître les soutiens financiers et politiques de leur travail.

Au travers de témoignages d’activistes pour les droits des femmes, EuroMed Droits et ses organisations membres et partenaires tentent de sensibiliser sur les aspects pionniers de cette Convention et appellent toutes les organisations féministes au travers de la région euro-med à utiliser cette convention pour être mieux équipées pour améliorer la vie des femmes et enfants affectées par la violence."


mercredi 2 mars 2016

A Toulon, un groupe d’extrême droite a tenté d’interrompre le Cercle de silence mensuel

Extrait du site  :

Toulon le 26 février:
Un groupe de plusieurs dizaines de militants d’extrême droite a tenté d’interrompre le Cercle de silence mensuel qui se déroulait hier soir à Toulon, sur la place de la Liberté. Arrivés par surprise, ils ont scandé leurs slogans xénophobes dans un vacarme assourdissant. Mais, comme en mars 2009 et en septembre 2010, le cercle ne s’est pas brisé et a poursuivi sa présence silencieuse jusqu’à son terme.
Christophe Baconin, coordinateur du “Cercle de silence”, avouait se sentir atterré « par la méthode, qui laisse imaginer ce que ferait le FN au pouvoir » (Var Matin, le 27 février 2016). La section de Toulon de la LDH a réagi par le communiqué ci-dessous.






Communiqué de la section de Toulon de la LDH

L’incitation à la haine n’est pas tolérable

Hier soir, 78e Cercle de Silence[1], place de la Liberté. Une heure de protestation silencieuse contre l’enfermement de personnes au seul fait d’être entrées en France pour fuir des situations de pauvreté, de famine, de guerre ou pour sauver leur vie, un rassemblement pacifique pour dénoncer les conditions de détention de celles et ceux qui, sans papiers, sont conduits dans ces centres de rétention, le silence comme seule arme pour alerter sur les conditions d’accueil faites actuellement aux migrants qui fuient la misère et la guerre et tentent de se réfugier en Europe.
Et dans le dos des personnes formant le Cercle de silence, des représentants du Front national, certains arborant l’écharpe de l’élu, armés d’une sirène et d’un mégaphone dans lequel ils hurlaient leur haine de l’étranger, tempêtant contre notre rassemblement, nous enveloppant de fumigènes avant de quitter la Place en chantant la Marseillaise. 
Si le ridicule de la scène n’échappe à personne, les propos tenus sont eux, inacceptables.
Hier soir, leurs vociférations visant à diviser, à « mettre dehors » ceux qu’ils nomment « les étrangers » et à inciter au rejet d’autres êtres humains, étaient intolérables.
« User de la peur et de la déception afin d’atteindre le pouvoir, comme le fait le FN, ne représente en rien une force idéologique ou démocratique […] Le programme du Front National n’est autre que le repli sur soi, la surveillance des libertés et l’animation de la peur de l’autre. » [2]
Notre silence leur répond : taisez-vous !
Toulon, le 27 février 2016 

[1] Le premier Cercle de silence à Toulon s’est déroulé le 30 octobre 2008. 
[2] Communiqué du 7 décembre 2015 de l’Association Européenne pour la défense des Droits de l’Homme.



mercredi 17 février 2016

« A terme, rien n’empêcherait d’utiliser l’arsenal anti-terroriste contre les mouvements sociaux » 21 février 2015 / Entretien avec Laurence Blisson



« A terme, rien n’empêcherait d’utiliser l’arsenal anti-terroriste contre les mouvements sociaux »

21 février 2015 / Entretien avec Laurence Blisson 


Laurence Blisson, secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, explique la dérive possible des lois antiterroristes vers la répression des luttes écologiques et sociales. Nous publions cet entretien alors qu’une semaine des résistances aux violences policières se conclut dimanche 22 février.
Secrétaire générale du Syndicat de la magistrature, Laurence Blisson est juge d’application des peines au Tribunal de grande instance de Bobigny (Seine-Saint-Denis).

Reporterre - Pourquoi la justice française n’a-t-elle pas utilisé l’attirail antiterroriste contre les militants de luttes environnementales, alors que les poursuites ont été ouvertes dans ce cadre en Italie contre les militants du mouvement No-Tav opposés au projet Lyon-Turin ?
Laurence Blisson - Il y a deux raisons. D’abord l’échec retentissant des procédures du dossier Tarnac qui a suscité beaucoup de contestation, et qui au final s’est retourné contre Michèle Alliot Marie (alors ministre de l’intérieur). La deuxième raison est que l’arsenal répressif permet déjà beaucoup de choses aux enquêteurs et aux juges. L’ajout des dispositions des lois antiterroristes est marginal quand on peut, avec la qualification de « bande organisée », utiliser des pouvoirs de police spéciaux, des allongements de la durée de la garde à vue. Cela ne rend pas nécessaire d’en passer par la catégorie du terrorisme. Le choix a été fait de recourir à des formes de répression rapide, comme la comparution immédiate…
Dans le cas de qualification de terrorisme, il y a un rôle très important des services d’enquête, au départ, qui peuvent réussir à convaincre le parquet d’ouvrir les poursuites à ce titre. A Sivens ou à Notre-Dame-des-Landes, c’est plutôt la police judiciaire qui est à l’œuvre que le renseignement [à la différence du cas de Tarnac]
Des magistrats peuvent-ils utiliser des qualifications plus lourdes que les faits le mériteraient pour bénéficier de l’effet d’annonce publique, qui désignerait les militants prévenus comme des gens dangereux ?
Il peut arriver que des magistrats choisissent d’ouvrir une enquête sur la qualification la plus lourde. Cela est motivé par un double souci des magistrats. Premièrement, ne pas aboutir à une relaxe des prévenus, ce qui disqualifierait le travail de ces magistrats. Mais aussi s’associer à la logique d’ordre public, aux stratégies préfectorales, en recherchant l’effet d’exemplarité dans une zone où on pense qu’il peut y avoir d’autres actions du même genre.
Didier Fassin l’explique dans son dernier livre, L’Ombre du monde. Une anthropologie de la condition carcérale : les magistrats ont une relation à la notion insaisissable d’« opinion publique », si tant est qu’elle existe, qui fait qu’ils intériorisent une « attente sociale » des formes de répression.
Cela peut amener un magistrat à choisir des qualifications plus lourdes (et en allant au bout de la logique, jusqu’au terrorisme, même si ce n’est pas arrivé dans le cas des luttes sociales et environnementales). L’ordre public peut devenir un objectif des magistrats sans qu’il y ait besoin d’un injonction hiérarchique ou de pressions. Cela relève de l’intériorisation, dans un corps qui est globalement conservateur. Sur le plan juridique, ça n’aboutira pas forcément, mais sur le plan du renseignement, cela permet de faire ce qu’on veut.
Les nouvelles dispositions de la loi antiterroriste votée cette automne changent-elles la donne ?
Disons que ça élargit le champ des infractions pénales très en amont, jusqu’à la formalisation d’une intention, ou l’entreprise individuelle terroriste, avec la possibilité de bloquer un site internet, ou de prononcer l’interdiction de sortie du territoire, l’interdiction de contact. J’ai le sentiment qu’à court terme, ces dispositions antiterroristes ne seront pas appliquées contre des militants de luttes sociales et environnementales. Tout a été pensé, mis en avant, dans le cadre de la lutte contre le jihadisme. Mais le risque existe. À plus long terme, quand le débat public sera passé à autre chose, rien n’empêcherait d’utiliser cet arsenal. Avec cet effet de cliquet, qui fait qu’on ne reviendra jamais en arrière.


Tout comme les prélèvements ADN, à l’origine prévus contre les délinquants sexuels, et depuis étendus à tous les délits, y compris les actions militantes.
Oui, exactement.
On a vu dans la lutte contre l’aéroport de Notre Dame des Landes des mesures d’interdiction de paraître, et d’interdictions de manifestation dans une commune pendant plusieurs années. S’agit-il d’un détournement de mesures répressives prévues pour d’autres cas de figure ?
Je ne sais pas si ça n’a pas déjà existé dans des luttes plus anciennes, mais c’est extrêmement inhabituel. L’interdiction de paraître dans une commune ou un département est d’ordinaire utilisé dans des affaires de grand banditisme, contre des maris violents s’il y a risque de réitération des violences envers la victime, mais aussi dans les périphéries urbaines envers de jeunes trafiquants de drogue, voire dans des affaires criminelles très graves, afin d’éviter un contact avec la famille des victimes ou les victimes elles-mêmes en cas de crime ou de viol. Dans le cas de la ferme-usine des Mille vaches, des militants de la Confédération paysanne ont été condamnés [en plus de peines de 2 à 5 mois de prison avec sursis et des amendes de 300 euros chacun] à des interdictions de paraître dans le département de la Somme, alors que les faits reprochés étaient des dégradations [un tag, des engins de chantier et une salle de traite démontés], la détention de boulons dans leurs poches, et le refus de prélèvement ADN. Des condamnations très inhabituelles. Les magistrats ont aussi mis en difficulté les luttes, les militants de la Confédération paysanne étant interdits, à titre d’obligation du contrôle judiciaire en attendant le procès, de contacts entre eux alors que qu’ils sont des responsables nationaux de ce syndicat.
N’est-ce pas contraire à l’idée que seuls les faits comptent, pas les contextes politiques et sociaux ?
Sur la base du droit, on peut trouver des justifications cohérentes, comme le besoin d’éviter la réitération de faits similaires. Dans le cas des militants de la Confédération paysanne, il s’agissait de les empêcher de revenir sur les lieux de la ferme-usine.
Des manifestations ont été réprimées avec de nouvelles armes de maintien de l’ordre, les lanceurs de balles de défense (LBD), super flashball. Des manifestants ont perdu un œil suite à ces tirs, trois le même jour lors de la manifestation antiaéroport à Nantes le 22 février 2014. Les procédures lancées par les victimes contre les forces de l’ordre aboutissent à l’impunité de la police. Est-ce dû à la crainte des magistrats de désavouer la confiance en la police qui alimente leurs procédures au quotidien ?




Effectivement, tout travail judiciaire est fondé sur le travail policier. Et tout le travail d’un juge pénal est donc fondé sur la confiance qu’il peut accorder aux rapports d’enquêtes et de constatation, et aux procès verbaux de police. Même si l’article 430 du code de procédure pénale précise bien que ces rapports et procès-verbaux, dans le cas de délits, ne valent qu’à titre de renseignement pour le magistrat. Mais il y a un présupposé qui fait que le juge fait confiance au policier.
Par ailleurs, les contact sont fréquents entre le parquet et la police au titre du traitement en temps réel des affaires. Je ne dis pas qu’il y a collusion, mais que cette forme de contact permanent favorise une culture proche. Il y a aussi une image commune qui dit que les policiers sont déçus par l’issue de leur procédure, trouvant que que les peines prononcées ne sont pas assez lourdes dans des affaires qu’ils ont conduites. Le magistrat pourrait répondre en réaffirmant son indépendance, et que ce n’est pas au policier de déterminer quelles peines sont prononcées. Mais pour envisager de mettre en cause un policier, il va en falloir vraiment beaucoup de sa part.
Après la mort de Rémi Fraisse, des contrôles d’identité se sont déroulées avant les manifestations, avec arrestations et gardes à vue en cas de détention d’un Opinel (le couteau du grand père) ou d’un simple couteau à huîtres ou d’un masque à gaz. Et des condamnations, prison avec sursis, amendes, travaux d’intérêt général.
Cela cadre avec des dispositions créées depuis 2000 contre les attroupements armés
et l’extension à partir des années 1990 des possibilités de contrôle d’identité. Le port d’arme blanche permet ces gardes à vue préventives puisque la police dispose de ce motif légal. On mélange ce que permet le droit et des pratiques policières de circonstance. Mais ce n’est pas spécifique aux luttes environnementales. Ce qui leur est spécifique, c’est qu’elles s’inscrivent dans la durée et dans un lieu spécifique. L’action de certains magistrats s’oritente donc vers la déstabilisation de ces formes de luttes, pour tenter de les déraciner.
- Propos recueillis par Nicolas de La Casinière

       

jeudi 11 février 2016

Six heures pour nos libertés à Grenoble. État d’urgence, déchéance: une ...





Ligue des Droits de l'Homme

 Retrouvez la table-ronde "Etat d’urgence, déchéance : une machine à discriminer" en vidéo, avec Françoise Dumont, présidente de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), Marwan Mohammed, sociologue au CNRS, Geneviève Garrigos, présidente d'Amnesty International France, et Florian Borg, président du Syndicat des avocats de France (SAF), organisée par Mediapart dans le cadre des "Six heures pour nos libertés", le dimanche 7 février 2016, à Grenoble.



mercredi 10 février 2016

Etat d'urgence : demandez à votre député pourquoi il n'a pas voté lundi - Libération




Etat d'urgence : demandez à votre député pourquoi il n'a pas voté lundi
Par SIX PLUS — 9 février 2016 à 16:27 (mis à jour à 21:28)
L'Assemblée était beaucoup moins pleine que ça, lundi soir.
L'Assemblée était beaucoup moins pleine que ça, lundi soir. Photo : Thomas Samson. AFP   
L'article 1 de la révision constitutionnelle sur l'état d'urgence a été adopté par à peine un quart des députés lundi soir. Où étaient les autres ?


Il n’a pas pris part au vote
Olivier Audibert Troin (Var), interpellez-le sur Twitter

"@olivieraudibert, pourquoi n’étiez-vous pas au vote sur l’état d’urgence dans la Constitution hier ?"

lundi 8 février 2016

Refusons la déchéance de nationalité 
et la constitutionnalisation de l’état d’urgence


En réaction à l’horreur des attentats qui ont frappé notre société tout entière, l’état d’urgence a été décrété par le gouvernement, puis prolongé pour une durée de trois mois. Un projet de loi constitutionnelle prévoit l’inscription, dans la Constitution, non seulement de l’état d’urgence mais aussi de la déchéance de la nationalité pour les binationaux auteurs de « crimes constituant une atteinte grave à la vie de la nation ».

Sortons de l’état d’urgence
L’état d’urgence conduit à des décisions arbitraires, des dérives autoritaires. Depuis novembre 2015, plus de trois mille perquisitions sont intervenues. Tout comme les assignations à résidence, elles ont donné lieu à de nombreux dérapages, à un accroissement des discriminations à l’égard de populations déjà stigmatisées en raison de leur origine et/ou leur religion supposée ou réelle. Toutes ces mesures, dont l’efficacité n’est pas démontrée, mettent à mal la séparation des pouvoirs : l’exécutif s’accapare le pouvoir législatif et relègue le pouvoir judiciaire hors de son rôle de gardien des libertés.
Inscrire l’état d’urgence dans la Constitution, c’est graver dans le marbre ce régime d’exception qui permet l’action des forces de sécurité sans contrôle du juge. C’est habituer les citoyen-ne-s à un état d’exception. Avec les moyens ainsi mis en place, il faut s’inquiéter des pouvoirs sans contrôle donnés à ceux qui peuvent arriver aux manettes de l’Etat…
Inscrire le retrait de la nationalité française aux binationaux condamnés pour crimes terroristes, c’est porter atteinte au principe même d’égalité des citoyens, inscrit à l’article 2 de la Constitution, fondement de la République. C’est instituer, dans la loi fondamentale de notre pays, deux catégories de Français, ceux qui le seraient et ceux qui le seraient moins, au motif que leurs parents ou grands-parents ne l’étaient pas. C’est, de fait, remettre en cause le principe d’une nationalité française ancrée dans le droit du sol.
C’est aussi mettre dans la Constitution une mesure dont personne ne croit à l’efficacité en termes de lutte contre le terrorisme, mais réclamée depuis longtemps par le Front national.
C’est banaliser la logique du rejet de l’autre. C’est s’exposer à ce que d’autres majorités politiques élargissent le champ des actes conduisant à la déchéance de nationalité.
N’acceptons pas la gouvernance de la peur :
exigeons la sortie de l’état d’urgence !
Nous affirmons qu’il est nécessaire et possible que l’Etat protège les habitants face au terrorisme, sans remettre en cause les droits et les libertés. Nous refusons une société du contrôle généralisé, une société qui glisse de la présomption d’innocence au présumé potentiellement coupable. Ne donnons pas satisfaction aux terroristes qui cherchent justement à nous faire renoncer à notre vie démocratique.
L’état d’urgence contribue au renforcement des préjugés racistes, aux amalgames et aux pratiques discriminatoires. Notre pays a été blessé, mais loin d’en soigner les plaies, l’état d’urgence risque de les exacerber en appauvrissant notre démocratie, en délégitimant notre liberté. C’est pourquoi, nous demandons la levée de l’état d’urgence et l’abandon de cette réforme constitutionnelle. Nous appelons tous les habitants de notre pays à développer la citoyenneté et à agir pour construire une société solidaire.




mercredi 22 janvier 2014

IVG : rien n’est jamais définitivement acquis


article communiqué de la section LDH de Toulon  de la rubrique discriminations > femmes 
date de publication : dimanche 19 janvier 2014

Selon la Drees (Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques), le nombre d’IVG (interruption volontaire de grossesse) reste stable en France, autour de 210 000 par an. Depuis 1976, le taux est passé de 19,6 cas pour 1000 femmes de 15 à 49 ans à 14,6 en 2011. En 2009, l’Igas (Inspection générale des affaires sociales) indiquait que 72% des IVG sont réalisées sur des femmes sous contraception, n’ayant donc pas pris de risque délibéré [1]. La loi Veil n’a donc pas provoqué l’explosion du nombre d’IVG pronostiquée par certains.
Aujourd’hui, un amendement au projet de loi pour l’égalité hommes-femmes propose de supprimer la notion de "situation de détresse" pour recourir à l’avortement. Les anti-IVG, mécontents, manifestent à Paris.
Ci-dessous un communiqué signé par plusieurs associations varoises.


« Il faut convaincre les femmes de notre peuple de l’absolue nécessité d’assumer leur fonction de reproduction. » 
Jean-Marie Le Pen [2]

« Rien n’est jamais définitivement acquis. Il suffira d’une crise politique, économique ou religieuse pour que les droits des femmes soient remis en question. Votre vie durant, vous devrez rester vigilantes » 
Simone de Beauvoir [3]


Avortement : l’amendement qui pousse les anti-IVG dans la rue
[par Guillaume Stoll, Le Nouvel Observateur, le 19 janvier 2014]

Un amendement au projet de loi pour l’égalité hommes-femmes propose de supprimer la notion de "situation de détresse" pour recourir à l’avortement. Les anti-IVG, mécontents, manifestent à Paris.
Un amendement met le feu aux poudres dans les rangs des opposants à l’IVG. Jusqu’ici, au terme de la loi Veil de 1975, une femme pouvait recourir à l’interruption volontaire de grossesse (IVG) dès lors que "son état la [plaçait] dans une situation de détresse". Mais mi-décembre, des députés PS ont choisi de supprimer en commission cette notion de "situation de détresse", considérant qu’une femme enceinte qui, tout simplement, "ne veut pas poursuivre une grossesse", peut "demander à un médecin l’interruption de grossesse".
L’amendement socialiste doit encore être débattu en séance lundi, dans le cadre du projet de loi pour l’égalité entre les femmes et les hommes. La différence sémantique qu’il introduit ne devrait rien changer dans la pratique. Pourtant, il suscite de très vives réactions. Aussi bien du côté des défenseurs d’une lecture stricte de la loi Veil, principalement des parlementaires de droite, que des opposants historiques au texte, près de 40 ans après son adoption.
"L’idée d’une détresse ne correspond pas à la situation des femmes", a argumenté en commission la député PS Axelle Lemaire, co-auteure de l’amendement. Et de rappeler au passage qu"aujourd’hui, quelque 35% des femmes en France recourent à l’IVG au moins une fois dans leur vie. Il n’empêche. Cette modification a réveillé les adversaires historiques de l’avortement. Dans un contexte explosif ravivé par les débats qui agitent actuellement l’Espagne, les anti-IVG se sont ainsi donné rendez-vous dimanche 19 janvier place Denfert-Rochereau à Paris, vers 14 heures, pour manifester contre ce changement du texte. Qui risque, selon eux, de générer "une banalisation de l’avortement".
Les débats dans l’hémicycle s’annoncent vifs. Plusieurs députés de l’opposition ont prévu de batailler ferme contre l’amendement, qui devrait être soutenu par le gouvernement. Le député UDI, Jean-Christophe Fromantin, confie par exemple au Nouvel Observateur qu’il déposera un amendement de suppression pour revenir aux "réserves initiales" de la Loi Veil et en "garder l’esprit" d’origine.
"L’état actuel de la loi est satisfaisant, abonde son collègue UMP Hervé Mariton, qui juge "inutile" l’amendement PS. "L’avortement doit rester possible en France. Il n’y a pas de demande de changement dans la société française", ajoute-t-il.
Antis et pros IVG dans la rue
Si l’adoption du texte remanié dans l’hémicycle ne fait guère de doute, le débat devrait à nouveau s’inviter dans la rue. Revigorés par les manifestations anti-mariage homo de l’an dernier et par l’initiative espagnole limitant l’avortement, des associations proches des milieux catholiques tentent de remobiliser leurs troupes autour de ce sujet qui cristallise les tensions. Le collectif d’associationsLa Marche pour la vie, qui manifeste dimanche, juge que cet amendement à été initié par "un lobbying des féministes" qui vise à "promouvoir l’avortement comme un droit".
Alors qu’en Espagne, le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy s’apprête à restreindre les possibilités d’avorter aux cas de viol et de menaces "durable et permanente" sur la santé de la femme enceinte, une délégation de sénateurs espagnols a prévu de se joindre ce dimanche à la manifestation contre l’avortement.
Le même jour, les pros-IVG ont également promis de donner de la voix puisqu’ils organisent une contre-manifestation dans le 13e arrondissement parisien. Assiste-t-on au retour d’une opposition frontale entre les deux camps comme dans les années 80-90 ?
Dénonçant "les lobbies très conservateurs" qui opèrent en Europe, la ministre des Droits des femmes Najat Vallaud-Belkacem a déjà prévenu que "les libertés fondamentales", comme le droit à l’avortement, feront partie intégrante du débat des prochaines élections européennes. De quoi raviver les passions.

L’IVG une loi, un droit à défendre
[Source : Souriez vous êtes soignés, le 17 janvier 2013.]

Elena vient consulter au planning familial. Elle est enceinte. Cette grossesse n’était pas prévue, elle prend la pilule. Mais la pilule, malheureusement, ça s’oublie parfois et en apprenant cette nouvelle, son copain l’a quittée.
Alors dans cette situation, elle souhaite interrompre sa grossesse.
Depuis 1975 et la loi Simone Veil, toute femme enceinte qui s’estime placée dans une situation de détresse peut demander à un médecin l’interruption de sa grossesse, qu’elle soit majeure ou mineure, avant 14 semaines d’aménorrhée.
C’est un mouvement militant féministe ayant lutté plusieurs dizaines d’années qui a permis cette avancée dans l’égalité homme-femme, et ce droit de choisir d’avoir ou non des enfants.
Mais l’IVG est toujours un droit à défendre !
Pour preuve, la loi espagnole était l’une des plus progressistes en Europe, autorisant l’IVG jusqu’à 14 semaines d’aménorrhée, sans justification (comme en France), et jusqu’à 22 semaines en cas d’anomalie du fœtus. Une décision le 20 décembre dernier du gouvernement Espagnol vient de réduire de manière drastique ce droit.
L’avortement reste possible dans seulement 3 cas :
  • suite à un viol, justifié par un dépôt de plainte
  • en cas de grave danger encouru par la femme, attesté par deux médecins différents et étrangers à l’établissement pratiquant l’IVG
  • en cas de malformation fœtale, confirmée par rapports médicaux.
Autre recul : les mineures devront avoir obligatoirement l’autorisation de leurs parents pour interrompre une grossesse...
Les personnes pratiquant l’IVG en France sont de tout bord politique et religieux, et le pratiquent dans le respect de la femme.
Ne l’oublions pas, l’IVG : une loi, un droit à défendre




Communiqué commun d’associations varoises
Le droit à l’avortement, un droit fondamental
En 2010, le Gouvernement Zapatero avait vaincu les conservatismes en donnant aux femmes espagnoles un droit à l’avortement sans restriction durant les quatorze premières semaines de grossesse.
En 2014, à travers un projet de loi « de protection de la vie du conçu et des droits de la femme enceinte » le Gouvernement conservateur Rajoy, sur fond de crise économique et sociale, entend supprimer cette liberté en interdisant l’interruption de grossesse, sauf cas exclusifs de viol ou de « grave danger » pour la vie ou la santé du fait de la grossesse, avec, dans ces deux cas, un strict contrôle social et médical et une autorisation parentale pour les mineures de plus de 16 ans. Ce projet de loi renvoie les femmes à un statut social étroit, de soumission, et rouvre la porte aux drames de grossesses non désirées et d’IVG clandestines.
Cette régression catastrophique en Espagne menace de se répandre en Europe. Les extrêmes-droites, qui considèrent les femmes comme des sous-citoyennes incapables de décider par elles-mêmes, indignes de pouvoir disposer de leur corps, entendent constituer un lobby européen anti-avortement, et mener une propagande active dans les autres pays de l’Union européenne.
A la veille du quarantenaire de la promulgation de la « loi « Veil » relative à l’interruption volontaire de grossesse, précédée de nombreuses années de lutte pour l’émancipation des femmes, nous exprimons notre solidarité aux femmes et aux hommes qui, en Espagne, combattent aujourd’hui la perte de cette liberté fondamentale.
En France, nous demandons aux Partis et aux candidats aux prochaines élections européennes la dénonciation claire de ce recul et un engagement en faveur du progrès de l’égalité des femmes et des hommes, qui passe nécessairement par la reconnaissance des droits spécifiques des femmes, notamment :
  • les droits à l’accès aux moyens contraceptifs et préventifs, à l’information sur ceux-ci,
  • le droit à l’éducation sexuelle,
  • le droit à l’avortement, qui n’est ni une tolérance, ni une faveur, mais un droit humain fondamental des femmes et des couples à maîtriser leur fécondité et à décider de leur vie,
  • des services d’IVG dans le cadre des systèmes de santé publics des États membres, de qualité, légaux, sûrs et accessibles à toutes, y compris aux femmes non résidentes.
Toulon, le 19 janvier 2014
Premiers signataires (mise à jour le 22 janvier) :
les sections de la LDH de Toulon, La Seyne-sur-Mer, Draguignan, Saint-Maximin et Istres-Ouest-Provence, le Planning Familial du Var, CADAC-Droits des femmes de Draguignan, Observatoire méditerranéen de la laïcité Carqueiranne, FSU du Var, SUD Education Var, UNEF Toulon, MJS 83, Comité de Défense des Familles et des Invidivus (CDFI) Toulon, Laïcité l’Observatoire PACA, UFAL, Union des Familles Laïques de PACA, Libre Pensée 04 ADLPF, ASTI Var, Union Syndicale Solidaires du Var, EELV 83

P.-S.
Compléments

Notes
[2] Déclaration du président d’honneur du Front national, le 17 janvier 2014, en visite à la fédération du FN. Interrogé sur le droit à l’avortement remis en cause en Espagne.
[3] Cité par Claudine Monteil, Simone de Beauvoir, Modernité et engagement, éd. L’Harmattan, septembre 2009, page 242.


jeudi 5 décembre 2013

Communiqué LDH: Le racisme et la haine ne doivent pas faire débat



La Ligue des droits de l’Homme condamne vigoureusement les scandaleux propos tenus le 12 novembre 2013 à l’encontre des Roms, à Roquebrune-sur-Argens par son maire, Luc Jousse. Celui-ci y exprimait son regret que les secours intervenus dans un camp, à l’occasion d’un incendie, aient été appelés trop tôt.

La Ligue des droits de l’Homme déplore que se poursuive cette libération de propos racistes et stigmatisants, en particulier émanant d’élus. Cette attitude, liée évidemment aux prochaines échéances électorales, ne fait que placer ceux qui tiennent ces propos dans une course aux extrêmes qui est insupportable.

La Ligue des droits de l’Homme a déposé une plainte auprès de la procureure de la République du tribunal de grande instance de Draguignan, pour provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciale.

La Ligue des droits de l’Homme rappelle que la haine ne doit en aucun cas faire débat.

Paris, le 5 décembre 2013

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 Lettre RAR adressée à Madame la Procureure du TGI de Draguignan
Paris le 5 décembre 2013

Madame la Procureure de la République,
La Ligue des droits de l’Homme vous saisit d’une plainte à l’encontre de monsieur Luc Jousse, maire de Roquebrune-sur-Argens, suite aux propos tenus lors du conseil de quartier des Issambres qui s’est tenu le 12 novembre 2013 dans la salle Robert Manuel, aux Issambres.
Le 28 novembre 2013, un collectif de citoyens de Roquebrune, « L’équipe des Indignés de Roquebrune », nous a transmis, par courriel, un extrait audio de cette réunion durant laquelle monsieur Luc Jousse a tenu les propos suivants :
« ... Qui dit lutte contre les incendies, dit débroussaillement. Vous avez été merveilleux pendant 10 ans sur le débroussaillement, ça a très bien fonctionné. On est cité en exemple de partout. C’est peut-être pour ça que malgré tous les petits départs de feux, il n’y a pas eu de nouveau d’incendies majeurs à Roquebrune depuis 11 ans peut-être, peut-être. Je vous rappelle quand même que les gens du voyage, que dis-je, les Roms m’ont mis 9 fois le feu. 9 fois des départs de feux éteints par le SDIS dont le dernier, ils se le sont mis eux-mêmes, vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils le brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes ! Un gag ! Ce qui est presque dommage c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours !... Mais je ne l’ai pas dit, je ne l’ai pas dit. Non mais parce-que les Roms c’est un cauchemar, c’est un cauchemar. Imaginez qu’aujourd’hui, depuis quelques jours, j’ai attaqué la sous-préfecture au tribunal en leur demandant de bien vouloir respecter la décision de justice. Nous avons une décision d’expulsion des Roms, nous l’avons, j’ai gagné au tribunal ! Eh bien le sous-préfet, il fait rien. ».
Ces propos sont constitutifs du délit de provocation à la haine ou à la violence et à la discrimination raciale à l’égard d’une personne ou d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, réprimés par l’article 24 de la loi du 29 juillet 1881.
Nous vous remercions de bien vouloir nous tenir informés de la suite que vous voudrez bien accorder à la présente plainte.
Dans l’attente, nous vous prions de croire, Madame la Procureure de la République, à l’assurance de notre respectueuse considération.

Pierre Tartakowsky
Président de la Ligue des droits de l’Homme
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[Var-Matin, mercredi 4 décembre 2013 à 18h48]

Luc Jousse, maire UMP de Roquebrune-sur-Argens, a exprimé de violents propos à l’encontre de la communauté Rom lors d’une réunion publique organisée aux Issambres le 12 novembre dernier.
A l’origine de l’affaire, révélée par nos confrères de Médiapart, un conseil de quartier au cours duquel le maire de cette commune du Var de 13.000 habitants, évoque le Camp de Roms installé sur son territoire depuis l’été dernier.
"Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours"
"Vous savez ce qu’ils font : ils piquent des câbles électriques et après ils le brûlent pour récupérer le cuivre et ils se sont mis à eux-mêmes le feu dans leurs propres caravanes ! Un gag ! Ce qui est presque dommage, c’est qu’on ait appelé trop tôt les secours", ironise l’élu, provoquant les rires gênés de l’assistance que l’on entend distinctement sur une bande enregistrée ce jour-là par une personne assistant à la réunion et que nous nous sommes procurée.
"Que peut-on me reprocher ?"
Contacté par nos soins, Luc Jousse affirme "ne plus se souvenir d’avoir dit cette phrase. Mais que peut-on me reprocher, dès lors que c’est moi qui ait prévenu à neuf reprises les services du SDIS d’un départ de feu dans le camp ? Qui plus est, le jugement d’expulsion des derniers Roms restant sur la commune nous a été délivré il y a maintenant deux mois. Et la sous-préfecture ne l’a toujours pas fait exécuter. Moi, c’est ça qui me met en rogne !"
L’UMP va statuer sur son cas le 11 décembre
Il n’est pas sur que les instances de l’UMP se contentent de tels arguments. Le conseil national du parti a annoncé son intention de statuer sur le cas de Luc Jousse le 11 décembre prochain, et le président de la fédération UMP du Var, Georges Ginesta, député-maire de Saint-Raphaël, évoque des "propos pour le moins regrettables et condamnables sur le plan moral".
La sanction pourrait-elle aller jusqu’au retrait de l’investiture du parti qui était accordé à Luc Jousse, désireux de solliciter un nouveau mandat en mars prochain ?


vendredi 29 novembre 2013

« MARCHONS CONTRE LE RACISME »


A DRAGUIGNAN 

Rassemblement à 10h30
Place René Cassin

Marche jusqu'au rond point de la Sous- Préfecture en passant par le centre ville ( place du Marché ).

Les signataires:



Contact: 04 94 76 10 24
ldh.draguignan@gmail.com






« MARCHONS CONTRE LE RACISME »
Le 30 novembre 2013 à Paris, en France et dans les Dom Com



Un climat nauséabond s'installe dans notre pays. Le garde des Sceaux, Ministre de la Justice, Christiane Taubira, a subi ces dernières semaines des attaques racistes venues de temps obscurs que l’on croyait révolus. Les déclarations racistes d’une candidate du Front national, les invectives d’enfants, téléguidés par leurs parents, traitant la ministre de la Justice de «guenon », sont une souillure pour la République.

Ces propos attaquent frontalement des millions d’êtres humains originaires d’Afrique, des Caraïbes, des Amériques, de l’Océan indien, citoyens français ou non et dont les aïeux ont été jadis martyrisés du fait de leur couleur de peau. Ils constituent une atteinte violente contre toutes et tous car ils visent au cœur le pacte républicain.

Nous condamnons solennellement cette dérive raciste, de même que les actes et propos qui en ont permis la maturation. Nous n’admettons pas que des millions de personnes soient déniées dans leur humanité et leur citoyenneté, que ce soit en raison de leurs origines, de leur situation sociale, de leur culture, de leur religion... Nous ne supportons pas que des boucs émissaires soient désignés comme les responsables de nos maux et comme des menaces sur notre avenir.

Alors que la France doit affronter les énormes défis liés à la dégradation économique, au chômage et aux inégalités, face à ceux et à celles qui veulent aviver les souffrances sociales, les peurs et les colères, nous nous dressons pour affirmer avec force : la République n’a d’avenir qu'égale, solidaire et fraternelle.

C’est pourquoi nous appelons toutes celles et ceux qui ont à cœur les valeurs de l’humanité, toutes celles et ceux qui veulent opposer l’égalité et la fraternité aux visages hideux du racisme à participer à une marche le 30 novembre 2013, à Paris, dont le rendez-vous est donné à 14 h 30, place de la République, ainsi que partout en France métropolitaine et dans les Dom Com.

Signataires :
Collectifdom - CM 98
Ligue des droits de l’Homme - Licra  - Mrap - SOS Racisme
CFDT - CFTC - CGT - FSU  - UNSA - Union syndicale Solidaires
UEJF (Union des étudiants Juifs de France) - FIDL - UNEF - UNL - UFAT (Union Française des associations Tziganes) - R=(Respect) - EGAM - FNASAT - Banlieues du Monde - France Terre d'asile - Ni Pute Ni soumise - Collectif des écrivains nègres - Association ultramarine de France - Les amis du PPM en France - Haut Conseil des Maliens de France  - Association pour la Promotion de la Langue et de la culture Soninké (APS) - Association culturelle de musulmans de Drancy - Conseil de Coordination des organisations arméniennes - La Maison des potes - Mémorial 98 - Le Syndicat des Avocats de France (SAF) - Le Syndicat de la Magistrature - Les Marianne de la diversité - RESF - Fédération des Mutuelles de France - Mouvement pour la paix  - Fondation Copernic - SNES - FCPE - CIMADE - SNEP - SNUEP - DAL (Droit au logement) - Ligue de l'enseignement

dimanche 23 juin 2013

23 JUIN: JOURNÉE NATIONALE ANTIFASCISTE.COMMUNIQUE DE LA SECTION DE DRAGUIGNAN


23 JUIN: Journée nationale antifasciste.


Les 22 et 23 juin se sont tenus partout en France des rassemblements en mémoire de Clément Méric,  pour refuser toute banalisation du nationalisme, du racisme et de la xénophobie.
La section de la Ligue des Droits de l'Homme de Draguignan , apporte son soutient et son adhésion au texte de l'appel  antifasciste "Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le ! " signés par de nombreuses organisations.  Elle se déclare solidaire des citoyennes et citoyens qui ont  participé aux manifestations .
Dans son communiqué national , la Ligue des Droits de l'Homme rappelle que " Clément Méric, syndicaliste étudiant et militant antifasciste, a été victime d’un meurtre à Paris, commis à raison de ses convictions politiques.
Cet acte, qui s’inscrit dans la suite de trop nombreuses agressions commises par des groupes d’extrême droite, ces derniers mois, est insupportable.
Il confirme tragiquement l’urgence à s’opposer à ces exactions et aux idéologies qui en favorisent, de près ou de loin, la banalisation et le développement. L’explosion de discours haineux à l’encontre des étrangers, des Roms, des musulmans, l’avalanche de propos mensongers et agressifs lors des débats sur le projet de loi du mariage pour tous, témoignent d’une montée de l’intolérance, du racisme et de la peur, dont on sait qu’ils sont facilement instrumentalisés par la violence.
C’est bien en réaffirmant concrètement les droits des citoyens français, des étrangers, des migrants, des Roms et de tous ceux qui sont tenus en lisière des droits fondamentaux, qu’il est possible de rassembler largement contre les périls montants. Car ces droits sont, de façon indivisible, ceux qui fondent la République fraternelle, égale et libre."

Pour la Section de la Ligue des droits de l'homme de DRAGUIGNAN
Le  Président
Marc Brulé




Le fascisme tue. Ensemble, combattons-le !

Texte de l'appel unitaire antifasciste..
Le 5 juin, des militants d'extrême-droite ont tué Clément Méric, syndicaliste  étudiant et militant antifasciste.

Ce meurtre nous indigne et nous révolte ; il s'inscrit dans la suite de très nombreuses agressions commises par des groupes d'extrême-droite ces derniers mois.
La situation exige des actes forts, permettant de mettre un coup d'arrêt à la propagation de ces idées et pratiques nauséabondes.

Dans le respect de leurs différences, les organisations soussignées appellent à s'unir pour rendre hommage à Clément et pour éliminer la haine fasciste.

Confortés par des partis qui reprennent des propos et des pratiques de
l'extrême droite, les groupes fascistes refont surface.
Les dernières actions contre le mariage pour tous et toutes ont été l'occasion pour eux d'être mis sur le devant de la scène. Nous dénonçons la banalisation du FN et de ses idées xénophobes et racistes.

L'exclusion, le rejet de l'autre, la fermeture des frontières, la désignation de boucs émissaires, la dénonciation de l'immigration comme responsable de tous les maux sont des attitudes qui, l'histoire en témoigne, conduisent au pire.

L'Etat entretient un climat délétère en organisant des expulsions massives qui participent à la stigmatisation des immigré-es et des Roms.
Au contraire, il est nécessaire d'agir avec détermination contre les commandos fascistes.
Odieux et inacceptable en lui-même, le meurtre de Clément dépasse le drame individuel.
Agressions contre les lesbiennes, bi-es, gays et les personnes trans, contre les immigré-es et les personnes issu-es de l'immigration, les musulman-es, actes antisémites, violences envers des militant-es antifascistes et des organisations progressistes, se sont multipliées dans toute la France comme à travers toute l'Europe.

Le mensonge, la haine, la violence, la mort, voilà ce que porte l'extrême-droite, de tout temps et en tous lieux.

Ce n'est pas une question morale ; le fascisme se nourrit des peurs face à l'avenir : 5 millions de chômeurs et chômeuses, 8 millions de personnes vivant sous le seuil de pauvreté, 3,5 millions de mal logé-es, accroissement
de la précarité, conditions de travail dégradées, licenciements, fermetures d'entreprises...

Face à l'explosion des inégalités et aux politiques d'austérité, il faut reconstruire l'espoir collectif en une société plus juste.
**La question de la répartition des richesses que nous produisons est
fondamentale**.
L'extrême-droite est à l'opposé de ces valeurs.

Utiliser la mort de Clément serait méprisable.
A contrario, c'est honorer sa mémoire que de dire publiquement et ensemble ses engagements syndicaux et antifascistes, et de poursuivre encore plus nombreux-euses et déterminés-es ses combats pour la liberté et une autre société.

Unité contre le fascisme et l'extrême-droite !

Manifestation à Paris, dimanche 23 juin à 15h

Des manifestations seront aussi organisées en commun dans d'autres
villes.

Nos organisations se réuniront de nouveau après la manifestation : éradiquer la menace fasciste nécessite un travail dans la durée et l'organisation de collectifs locaux.

Nos organisations sont différentes, mais elles ont un point commun essentiel : le refus de l'intolérance, du nationalisme, de la haine, et de l'exclusion ; tout le contraire de ce que veut imposer l'extrême-droite !

Le fascisme et l'extrême-droite ne sont pas des courants politiques avec lesquels on dialogue ou on compose.
Leur système est basé sur la violence physique, la haine, l'asservissement des peuples.